De plus en plus de personnes sont à la recherche de méthodes naturelles pour se soigner. Pour cela, elles se tournent vers les traitements à base de plantes médicinales. Les amateurs de phytothérapie dépensent allègrement des centaines d’euros chaque année pour acheter des produits à base de plantes de toutes sortes, que ce soit des gommages à base de sel à la lavande pour le bain, des sprays anti-puces à la menthe poivrée pour leurs animaux de compagnie ou encore diverses teinture-mère. Ces achats soutiennent le marché mondial des compléments et remèdes à base de plantes médicinales, qui représente près de 100 milliards d’euros. Mais il est possible de fabriquer la majorité de ces produits à partir de plantes poussant dans votre propre jardin ou récoltés dans une zone naturelle à proximité.

Faire des infusions est la façon la plus simple d’utiliser des plantes médicinales, mais pour des médicaments plus puissants, les extraits botaniques (communément appelés teinture mère) sont un meilleur choix.

L’infusion des plantes dans de l’eau bouillante permet d’extraire une partie des composés, mais si les composés de certaines plantes médicinales s’extraient bien au contact de l’eau ce n’est pas le cas de tous. Pour certains, il faut utiliser un solvant plus puissant (comme l’alcool) pour extraire les composés. L’alcool permet également de conserver les composés médicinaux pendant plusieurs années.

Avant de penser que vous vous sentirez mieux après avoir pris des teintures uniquement en raison de leur teneur en alcool, plutôt que de l’action médicinale des plantes, sachez que le dosage typique d’une teinture équivaut à environ un centième d’un verre d’alcool. Personne ne s’enivre en utilisant des teintures mères. Mais elles constituent en revanche un moyen efficace d’éloigner les microbes du rhume et de la grippe, et de traiter toute une série d’autres affections. Une teinture de 30 ml coûte entre 10 et 20 euros ou plus dans un magasin spécialisé, mais vous pouvez en fabriquer vous-même pour une fraction du prix.

Remarque :

Certaines plantes peuvent provoquer des réactions indésirables, surtout à fortes doses. N’utilisez jamais de plantes qui ne vous sont pas familières sans consulter au préalable un herboriste ou un professionnel de la santé qualifié. Les enfants, les femmes enceintes ou qui allaitent et les personnes qui prennent des médicaments sur ordonnance devraient aussi consulter un professionnel de la santé avant de prendre un produit à base de plantes.

7 plantes médicinales couramment utilisées en cas de rhume ou de grippe

Sureau noir – Sambucus nigra

On le trouve à l’état sauvage dans de nombreuses régions et il est parfois planté dans les jardins. On utilise principalement les baies. Depuis l’Antiquité, il est utilisé pour lutter contre le rhume et les excès de mucus. Son usage est toujours réputé en cas d’inflammations des voies respiratoires, d’état grippal, de bronchites, ou de rhume. On lui prête des propriétés antivirales, antioxydantes, anti-inflammatoire.

Echinacea – Echinacea pupurea

Cette plante est originaire du centre et de l’est de l’Amérique du Nord. Elle est couramment plantée dans les jardins de fleurs. Seules les racines sont utilisées.  L’échinacée permet de réduire les désagréments et les symptômes du rhume tout en réduisant la durée du rhume.

Raifort – Armoracia rusticana

Une plante de jardin commune utilisée comme condiment épicé. Seules les racines sont utilisées.

Hydraste du Canada – Hydrastis canadensis

Pousse principalement dans les forêts du nord-est des États-Unis. Les rhizomes sont utilisés à des fins médicinales.

Mélisse – Melissa officianalis

Une plante de jardin commune apparentée à la menthe. Utilisez les feuilles fraîches au sommet de la plante.

Sauge – Salvia officianalit

Une plante de jardin commune utilisée comme herbe culinaire. Utilisez les feuilles fraîches près du sommet de la plante.

Achillée millefeuille – Achillea millefolium

Présente à l’état sauvage dans toute l’Amérique du Nord et couramment cultivée comme plante de jardin. Utilisez les feuilles et les fleurs fraîchement ouvertes.

Quelles sont les plantes que l’on peut transformer en teinture mère ? 

La prochaine fois que vous vous rendrez dans un magasin d’aliments naturels ou dans un autre établissement proposant un grand choix de teintures, jetez un coup d’œil aux noms figurant sur les étagères. 

Vous serez peut-être surpris de constater qu’un grand nombre de ces noms proviennent de plantes que vous pouvez trouver dans votre voisinage. 

Le pissenlit, le rumex, le Gaillet gratteron, l’ortie, le mouron des oiseaux et le plantain ne sont que quelques-unes des mauvaises herbes courantes souvent utilisées dans les teintures. 

Dans votre jardin, vous avez peut-être de la menthe, du thym, des artichauts, des piments de Cayenne, de la sauge, de la consoude, de l’ail, des feuilles de framboisier et du romarin, qui sont également des plantes couramment utilisées pour fabriquer des teintures. 

Vous pouvez aussi réaliser des teintures avec de l’échinacée, de l’achillée millefeuille, de la mélisse, de la passiflore et du trèfle rouge. De nombreux arbustes et arbres communs produisent également des composés médicinaux, comme le ginkgo, le saule blanc, le vitex, l’aubépine et le noyer noir. 

Bien qu’il soit passionnant de constater le nombre de plantes médicinales qui se trouvent dans près de chez soi il y a quelques points très importants à garder à l’esprit avant de commencer la récolte :

  • Ne récoltez que les plantes que vous pouvez identifier avec certitude. De nombreuses plantes que l’on trouve couramment dans les jardins, les parcs et les zones naturelles sont mortelles ou provoquent de grands désagréments si elles sont ingérées sous forme de teinture. Si vous êtes débutant, suivez un cours d’identification des plantes médicinales.
  • Seules certaines parties de la plante peuvent être utilisées à des fins médicinales. Parfois, la plante entière peut être utilisée. Mais dans la plupart des cas, il est recommandé d’en utiliser qu’une partie. Il s’agit soit la racine, soit les feuilles, soit les fleurs, soit l’écorce. Dans certains cas, l’utilisation de la mauvaise partie peut avoir de graves conséquences. (Par exemple, les baies de l’if sont comestibles, mais le reste de la plante est extrêmement toxique).
  • Ne récoltez jamais de plantes si vous avez des raisons de penser qu’elles ont pu être exposées à des pesticides ou à des herbicides (qui sont couramment utilisés sur les terrains publics dans les zones urbaines).
  • Ne récoltez jamais de plantes sur une propriété privée sans demander la permission. La récolte dans les zones naturelles protégées est souvent interdite, alors vérifiez d’abord auprès des autorités compétentes.
  • Les endroits les plus sûrs pour récolter des plantes médicinales sont votre propre jardin ou des espaces naturels.

NB : Il est également important de noter que les variétés ornementales de plantes médicinales que l’on trouve dans la plupart des pépinières peuvent ne pas avoir la même concentration de composés médicinaux que leurs homologues sauvages.

L’achillée millefeuille, par exemple, a été améliorée pour obtenir de nombreuses variétés colorées, mais il est préférable de les éviter et de s’en tenir à l’achillée blanche ordinaire pour les usages médicinaux. Si vous ne trouvez pas les plantes que vous voulez transformer en teinture, vous pouvez toujours acheter des herbes séchées en vrac dans un magasin d’aliments naturels, une herboristerie ou un fournisseur en ligne.

C’est quoi une teinture mère ?

Il s’agit d’une technique de traitement à base d’extrait de plantes médicinales. L’extraction est effectuée dans l’alcool et le produit de l’extraction est appelé, teinture mère. Le liquide se concentre alors en principe actif présent dans la plante.

Comment faire une teinture mère de plantes médicinales ?

Le procédé de fabrication de teinture mère est simple.
Le rapport entre l’alcool et les plantes varie selon que vous utilisez des plantes fraîches ou des plantes séchées. Pour un résultat optimal, utilisez de la vodka alcoolisée à plus de 40°.

  1. Coupez la plante en morceaux d’environ un centimètre. Pour les racines et les écorces, il est préférable de hacher la matière aussi finement que possible. À l’exception des racines qui sont recouvertes de terre, il n’est pas nécessaire de nettoyer les plantes.
  2. Pesez les plantes. Puis multipliez le poids des plantes par deux si vous utilisez des plantes fraîches. Ou multipliez le poids des plantes par cinq si vous utilisez des plantes séchées.
  3. Préparez 5 fois la quantité d’alcool correspondante au poids de la plante, en millilitres. Versez la quantité d’alcool obtenue dans un bocal, puis ajoutez les plantes. La matière végétale doit être entièrement recouverte par l’alcool.
  4. Vissez les couvercles sur les bocaux. Puis secouez-les vigoureusement pendant quelques secondes. Ensuite, laissez-les reposer dans un endroit frais et sombre pendant au moins deux semaines. Pendant la période, essayez de secouer les bocaux une fois par jour.
  5. Ouvrez les bocaux et versez la teinture à travers une étamine dans un autre récipient pour filtrer les plantes.
  6. Remplissez les flacons compte-gouttes en verre. Utilisez ceux dont le verre est de couleur ambrée. Cela permet d’éviter que les rayons UV ne dégradent le produit au fil du temps. Versez le tout à l’aide d’un petit entonnoir.
  7. Enfin, étiquetez les pots avec le nom de la plante et la date.

Le dosage

15 à 30 gouttes prises 3 fois par jour est un dosage typique. Mais il est toujours préférable de consulter un livre de référence pour obtenir des conseils sur l’utilisation de plantes spécifiques.

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